Maltraitance 3 nommer c'estxse sauver ! Se taire, c'est se detruire

 Maltraitances, 3

Réponse à Marie

(Merci et bravo de t'en être si formidablement sortie). De l'horreur.

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D'abord il faut savoir, nommer, dire, parler, écrire... car ça ne va pas de soi ! Étrange, plus c'est horrible et moins ça va de soi, (1)

Pour moi la prise de conscience survint en 2 temps grâce ou à cause de 2 événements dus au hasard (en fait, 3) car sachant (et pour cause!) ce que je viens ici de rapporter (rapporter, déjà ce mot!!) avoir subi, je ne me rendais absolument pas compte que j'avais été maltraitée, du moins que cela correspondait à ce mot,  comme bcp d'enfants issus de "milieux au dessus de tout soupçons" (voir mon livre, Frison Roche éditeur). Et j'aurais en toute sincérité rétorqué "moi ? Jamais voyons".. de plus en public mes parents, (non, Lydie seulement, Jean ne s'en donnait pas la peine!) donnaient parfaitement le change, une comédienne hors pair. "On voit que tu as été hyper gâtée, une princesse dans son domaine!" (Sylvie, ms combien de fois l'ai je entendu !)) Je ne disais rien. Parfois j'approuvais légèrement, changeant vite de sujet, je ne voulais pas leur casser la baraque. 

Gâtée !! Lors de l'agression sexuelle j'ai tenté de parler (à peine) à ma gd mère qui m'a plus ou moins interrompue et a observé comme chaque fois qu'elle le jugeait utile "tu sais bien qu'il ne faut aucune ccontrariétés à ta mère sinon elle peut rechuter" (Lydie était une miraculée de la tuberculose contractée en 48 juste après ma naissance). Bienveillante pourtant, toujours, Marguerite n'a rien remis en cause, inutile : pragmatique, cette femme de tête, affairiste dans l'âme qui savait compter le prix exact d'un biscuit mais consentait sans barguinier  que je l'offre au chien du voisin, nous avait sorti de la pauvreté au prix de son inventivité, labeur et entregent économisait ses colères et son énergie, tout en m'offrant un amour inconditionnel (mais aussi à sa fille et là..) les cas de conscience n'étaient pas (ou pas toujours) son fait. (Bien qu'elle sut s'opposer à sa fille lorsqu'elle sortit contre son avis sa "jeune' sœur -13 ans de moins- qui avait èlevé en partie sa fille, de l'hôpital psy où, après une crise plus violente que d'hab, elle l'avait fait enfermer.)

Je me suis donc tue et j'ai même à demi OUBLIÉ : c'est curieux, un semi oubli. Au début, je pouvais décrire intérieurement, en flash, très vite, la scène (quasi unique) au cours de laquelle il m'avait jetée sur le lit, déshabillée partiellement (je me suis tellement débattue qu'il a du se contenter de la partie inférieure de moi et encore m'a-t-il, peut-être involontairement? assommée contre le bois du lit sur lequel il m'avait précipitée, pris d'une fureur mortelle, se jetant sur moi pour me maintenir par les jambes et me rouant de coup sur les parties sexuelles) .. mais dire "j'ai été agressée sexuellement par mon père" ? non ! Ça ne me venait pas à l'idée !! Jamais voyons !! Je ne m'en suis rendue compte que ~ 5 ans après (!) à 21 ans, à Paris, lors d'un débat avec des féministes ("raz le viol") au cours duquel une intervenante a décrit et NOMMÉ une scène du même genre. Ouahhhh ! Là j'ai compris, et DIT. Plus légère soudain. Il y a un avant et un après. 

De même je ne me suis rendue compte et n'ai NOMMÉ que j'ai été maltraitée (par Lydie entre autre) qu'à 25 ans (!) lorsqu'une nana (de l'âge de ma mère ou un peu plus) par ailleurs peu sympathique, me reprochant sec un retard à un RV, s'exclama, devant mon désarroi (je tentais de me justifier alors que je n'étais en rien responsable) : "BON, JE VEUX BIEN VOUS EXCUSER CAR VOUS AVEZ ÉTÉ UNE ENFANT MALTRAITÉE"... Et alors, soudain, quelque chose a jailli en moi : j'ai éclaté en sanglots.. devant cette évidence soudain jetée à la figure comme un seau d'eau sur un chien enragé (!).. Elle "savait" car elle présidait alors une association "pour mourir ds la dignité" (!) dont Lydie était membre... ainsi qu'un collègue à elle instit, Mr Viale, qui fut 8 ans notre voisin d'appart de fonction ds l'école de Clé (c’était comme un immense espace divisé en deux) et donc premier témoin de tout... Il en avait parlé à la nana... qui m'annonça sec "tout se sait vous savez". C'était au moment de la parution des "Lettres à Lydie" (gd succès à la mesure du bled voire au delà) (!) et cette Madame Ester kiselapétait un max voulait me voir. Voir ce qu'était devenue la petite fille maltraitée dont il était question avec le beau Viale  ? C'est sa réaction, si odieuse fût elle, qui m'a permis de mettre un nom sur ce que j'avais subi par Lydie. Et là aussi tout a changé.. encore Mme Ester n'a t elle pas tout vu notamment à Besançon où Lydie, suicidaire, voulut me défenestrer avant elle, pour me pas me laisser seule.

Nommer les choses c'est les délivrer et se délivrer d'elles, les apprivoiser, les DÉTRUIRE, les surmonter, cesser d'éprouver de la gêne ou de la honte, cad de MENTIR.. POUR PROTÉGER VOS MALTRAITEURS. De vous détruire ou d'y consentir..


Le troisième événement fut le plus triste,  la rencontre de Sara (née d'un inceste, abandonnée à la DASS) bien abîmée, et ma tentative de la défendre contre ses maltraitants .. qui me semblent du niveau des "tiens" ms en pire car non cultivés bruts de décoffre, analphabètes, gros travailleurs, cathos à donf et paumés ds une cambrousse où personne me met les pattes cad où on peut tout se permettre. Et les voisins se taisent. Une phrase résume la vie de Sara : qd je lui demandai si elle se plaisait dans son dit "lieu de vie" (!) (certes assez joli, à St Hypo, une vitrine pour ML) elle me répondit, désabusée : bof  ils me donnent pas assez à bouffer (elle était en effet très maigre) ms au moins ils me violent pas"... elle avait 11 ans. Et qd j'ai tenté de la défendre contre sa propre famille, (qui l'avait, elle et sa mère, enceinte du père disait-elle, abandonnée) qu'elle avait retrouvé, hélas par moi (!)  je fus confrontée à l'horreur, littéralement jusqu'à une intrusion chez moi en force  avec insultes, (folle etc..) menaces, accusations ... d'inceste ! (!!) et prise à parti (au téléphone) de mon mari avec lequel j'étais séparée et en froid, si ça pouvait toujours ficher la merde un peu plus, quelle joie...  Là, j'ai vu la cruauté, la perversion fulgurante en flash aveuglant, de la part de gens qui, par chance, ici, n'étaient tous pas du tout au dessus de tout soupçons, loin s'en faut (tout le monde savait l'inceste mais chuuutt sanouregardepa). Si bien que j'ai du ensuite quitter ma maison.. plus de 10 ans !! (et vécu à Anduze où je me suis certes reconstituée .. plutôt bien) et n'y suis retournée seulement récemment lorsqu'une, la chef de la troupe, fut partie. Sinon je ne serais ss dte jamais revenue. 

Oui, parler où juste AIDER un enfant maltraité expose à des risques, des risques parfois MORTELS JE PÈSE MES MOTS. (Car dévoiler l'horreur c'est détruire d'un scud une "ascension" -ou pseudo ascension- sociale, mariage au mieux, situation plus ou moins enviable pour qui part d'un si lourd passé etc... si péniblement acquise.) 

Tout cela en vain : Sara s'est suicidée à l'alcool et autre tox après avoir semblé s'en être sortie grâce à un compagnon plus âgé qui vivait ds les bois comme forestier. 

(1) Goebbels disait (ou ça lui est attribué), en substance ; qd vous devez faire le mal, (à bon escient) et que vous étés aux prises avec un témoin ou d'une "victime" de poids, rajoutez en une couche ou deux et personne les croira."

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