De la violence en milieu prolétaire
Je crois que tu cernes mal ce qui est et fut pour moi jusqu'à mes 8 ans la violence ds des milieux prolos voire lumpen, en tt k mineurs, car les 2 se côtoyaient (avec une minime bourgeoisie de fonctionnaires, instits, commerçants et très rarement cadres ou administratifs de la mine, parfois mais pas tjrs arrogants* à la mesure inverse de leur faible prestige) ... à Clé, Molière, Meyranne.. mon umwelt enfantin : crassiers, (j'adorais), troquets, bals du samedi, ciné clubs parfois ! restaux, nuit et jour (pour servir les ouvriers postés, la mine tournant h24, tjrs illuminée).
Cette violence était systémique : le travail des ouvriers était inimaginable. D'abord la cage, littéralement c'en était une ! où entassés à touche-touche les hommes plongeaient à toute vitesse ds la nuit, les eaux glacées gouttant sur eux, le vacarme des ventilateurs et des pompes, avec des ressauts effrayants (au début, après ils n'y faisaient plus attention) et enfin les arrêts de décharge. La chaleur, la poussière. Venaient ensuite les trains qui les conduisaient à la zone d'arrachage parfois très éloignée, plusieurs km, (mettons le puits Destival à la Gd combe, 7 km) avec la sensation au début d'être ds un autre monde, enterrés vivants étouffant déjà. Puis débarquement reprise du marteau piqueur casque lampe... et la chaleur si insupportable qu'ils travaillaient nus. Allongés ds un boyau qu'ils perçaient eux mêmes, rampant et étouffant s'ils n'avaient pas suffisamment mouillé. Là, 2 ou 3 possibles selon la veine et le travail : le charbon ou le terrible travers-banc qui tuait les poumons au bout d'un temps variable, certaines veines étant plus mortelles que d'autres, (ms on ne le savait qu'après) et certains rares miraculés ayant survécu (Chouchou d'Anduze, Mr Chev. de St Ambroix..) le charbon qui noircissait les visages n'était pas trop toxique.. ms évidemment le salaire à la tâche et par équipe forçait les ouvriers à aller à fond, à négliger de mouiller, voire de boiser correctement, jusqu'à l'épuisement, parfois de vérifier les lampes (qui alertaient au grisou).
En 48, les ouvriers venaient de tout pays. Après guerre, un flux de réfugiés survint, certains diplomés !! (infirmiers, militaires, électriciens, et m intellos comme Jean) : des polonais, des yougoslaves (disait-on) peu d'arabes ou de kabyles, et une majorité d'espagnols (les aristocrates) issus de la guerre, la retirada, des héros svt... La plupart parlaient peu ou pas français mais le patois (donc le latin) les réunissait, en un sabir esperantiste mélangeant toutes les langues.... et fonctionnel.
Que la violence ds ce cadre ait été la règle est inéluctable. Le type qui remontait après sa journée n'était pas enclin à la longanimité. Ni même à s'occuper de ses gosses. Le repas devait être servi et copieux et bon. Certains avaient tt de m le courage, avec leur femmes, de faire un petit potager! Les logements des mineurs parfois étaient sordides (Molière) pas toujours. Les disputes, fréquentes, l'alcool aidant
Si j'ai été maltraitée, c'était banal, bien que je l'eusse été plus que de "droit" comme issue de la classe intermédiaire et non ouvrière à 100%, mais ma mère étant instit, il fallait donner l'exemple.
La violence était et perdura (chez les femmes, sous une forme sous jacente). PARTOUT. Parfois, svt !! sous couvert de politesse surjouée controuvée qui signait la malhabile copie du chic bourge frénétiquement appété. AVEC AUSSI L'ALCOOL. Jeannette, Françoise, Danielle, Maria stt. Et avec cela, la désaffection voire la haine, la jalousie et la cruauté, ** le défaut de culture aiguisant le cité sordide de l'être.
La violence, comment ds in tel milieu ne pouvait elle prévaloir ? Cela tu ne le comprends pas. Que j'en sois parfois affectée est probable ms avec un facteur n- fortement sousvalent, culture aidant. Et je suis aussi une Larrivé comme disait Lydie. (!)
Il faudrait que tu puisses entendre Kiki me hurler dessus (!) ou sur mon père, Françoise idem, et se hurler dessus mutuellement (F contre sa pauvre mère) Jeannette tentant de forcer ma porte pour voir son beau frère (!) mort, poussant Kiki et son mètre 90 comme bélier (!) contre moi. Car ces gens nous méprisent contrairement aux apparences. A ce que tu peux croire.
Exception ou k particulier, F, qui au fond a le m vécu que moi en pire (honte de ses parents que je n'avais pas.) Voir le 2ème chapitre.
** Sophie se réjouissant avec M de la misère des F... * qd j'ai écrit les lettres à Lydie, un type que j'interviewais me dit qu'il avait travaillé à la mine de Moliere. "Tiens donc !! Vous connaissiez peut-être mon père ?" A quoi il répondit indigné "ms j'étais ds les bureaux, je ne fréquentais pas les ouvriers !!"
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L'image culcul de la classe ouvrière qu'ont des bourges de gôôche (d'autant plus romantisée qu'ils en st plus éloignés !) génère svt des incompréhensions dramatiques : perso : 3 agressions (sans compter celle dt les auteurs st inconnus,) dont une par balle, j'ai donné.
Ms 2 images opposées st possibies et historiquement peuvent s'enchaîner : la solidarité ds la mine, les grèves... mais aussi la violence, le mépris* sous jacent envers les bourges stt intello (inculqué lui aussi, indirectement et en opposition - parfois par l'école qui fonde les enfants à avoir honte de leurs parents, cf Françoise... et à se venger sur des camarades de classe supposés bourges, svt leurs copains de misère, juste un peu plus haut sur l'échelle des valeurs requises, cf moi à l'EN) le modèle imposé aux enfants de proles (ou assimilés) étant la famille bourge trad hors sol, sans souci matériel (ou du moins sachant les gérer) modèle à l'opposé de leur vécu (cf Lichtemberger, "Mon petit Trott" livre par ailleurs antisémite) un mépris caché par une considération "obligée" quasi obséquieuse se donnant parfois pour allégeance (F, S, à Paris avec moi) qui donne le vertige... D, F. Ms dès que le chef s'effondre (maladie, déprime, drame)... la considération qui au fond pesait lourd aux considérants éclate et c'est le mépris qui lui claque à la figure en une cruauté, un défoulement jubilatoire diabolique (Maria après la mort de Lydie, notre séparation, l'éloignement de mes enfants etc.. )
*un mépris inculqué certes : ex la fille de G. ado, qui clame "ma mère est une pute" (!) brieffée par lui, alors que celle ci s'est battue pour sa garde, effrayée qu'il se serve de la petite.. ms Martine, que j'ai soutenue (!) contre lui.. dit la m chose de moi (!) Et qd je demande à la gamine
pourquoi elle a opté pour le privé elle me répond "il y a trop d' arabes ds le public."
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Je crois que tu cernes mal ce qui est et fut pour moi jusqu'à mes 8 ans la violence ds des milieux prolos voire lumpen, en tt k mineurs, car les 2 se côtoyaient (avec une minime bourgeoisie de fonctionnaires, instits, commerçants et très rarement cadres ou administratifs de la mine, parfois mais pas tjrs arrogants* à la mesure inverse de leur faible prestige) à Clé, Molière, Meyranne.. où je frayais : crassiers, (j'adorais), troquets, bals du samedi, ciné clubs parfois ! restaux, nuit et jour (pour servir les ouvriers postés de la mine qui tournait h 24, tjrs illuminée).
Cette violence était systémique : le travail des ouvriers était inimaginable. D'abord la cage, littéralement c'en était une où entassés à touche-touche les hommes plongeaient à toute vitesse ds la nuit, les eaux glacées qui gouttaient sur eux, le vacarme des ventilateurs et des pompes, avec des ressauts effrayants (au début, après ils n'y faisaient plus attention) et enfin les arrêts de décharge. La chaleur soudain et la poussière. Venaient ensuite les trains qui les conduisaient à la zone d'arrachage parfois très éloignée, plusieurs km, (mettons le puits D'estival à la Gd combe, 7 km) avec, certes le repos, parfois ils s'endormaient, ms la sensation au début d'être ds un autre monde, enterrés vivants étouffant déjà. Puis le débarquement, reprise du marteau piqueur qui détruit le cœur, le casque la lampe... et bien svt la chaleur si insupportable qu'ils travaillaient nus. Allongés ds un boyau qu'ils perçaient eux mêmes, rampant et étouffant s'ils n'avaient pas suffisamment mouillé. Là, 2 ou 3 possibles selon la veine et le travail : le charbon ou le terrible travers banc qui tuait les poumons au bout d'un temps variable, certaines veines étant plus mortelles que d'autres, et certains, rares miraculés ayant survécu (Chouchou d'Anduze, Mr C. de St Ambroix..) le charbon qui noircissait les visages n'était pas trop toxique.. ms évidemment le salaire à la tâche et par équipe forçait les ouvriers à aller à fond, à négliger de mouiller, voire de boiser correctement, parfois de vérifier les lampes (qui alertaient au grisou).
Les ouvriers venaient de tout pays. Après guerre, un flux de réfugiés survint, certains diplomés !! (infirmiers, militaires, électriciens, et m intellos, brièvement) : des polonais, des yougoslaves (disait on) peu d'arabes ou de kabyles, et une majorité d'espagnols (les aristocrates) issus de la guerre, la retirada.. La plupart parlaient peu ou pas français mais le patois (donc le latin) les réunissait, en un sabir esperantiste mélangeant toutes les langues.... et fonctionnel.
Que la violence ds ce cadre ait été la règle est inéluctable. Le type qui remontait après sa journée n'était pas enclin à la longanimité. Ou même à s'occuper de ses gosses. Le repas devait être servi et goûteux. Certains avaient tt de m le courage, avec leur femmes, de faire un petit potager! Les logements des mineurs parfois étaient sordides (Molière) pas toujours. Les disputes fréquentes.l'alcool aidant..
Si j'ai été maltraitée, c'était banal, bien que je l'eusse été plus que de règle, comme fille de la classe intermédiaire, mère Institutrice, il fallait donner l 'exemple. Donc me battre comme on battait les enfants à l'ecole, jusqu'à l'extrême ex Mr V qui suspendait les ebfants, stt pauvres, gitans.. par dessus la fosse à m des WC. Melle D, une butch, qui ... les petites filles
La violence était partout et perdura (chez les femmes, sous une forme sous jacente). Oui, PARTOUT. Parfois, svt !! Cachée par une politesse surjouée et controuvée qui signait la malhabile copie du chic bourge frénétiquement appété. AVEC AUSSI L'ALCOOL. J. F, D. M stt. Et avec cela, la désaffection voire la haine, la jalousie, la cruauté, ** le défaut de culture aiguisant le coté sordide de l'être.
La violence, comment ds un tel milieu ne pouvait elle prévaloir ? Cela tu ne le comprends pas. Que j'en sois parfois affectée est probable ms avec un facteur n- fortement prévalent. Car je suis aussi une Larrivé comme disait Lydie.
Il faudrait que tu puisses entendre K me hurler dessus (!) ou sur mon père, F idem, M, S.. et se hurler dessus mutuellement (F contre sa pauvre mère) J. tentant de forcer ma porte pour voir son beau frère (!) poussant K et son mètre 93 comme bélier (!) contre moi. Ces gens nous méprisent contrairement aux apparences. A ce que tu peux croire. Exception F, aléatoire, qui au fond a le m vécu que moi en pire (honte de des parents ce que je n'avais pas.)
** S. se réjouissant avec M de la misère des F...
* qd j'ai écrit les lettres à Lydie, un type que j'interviewais me dit qu'il avait travaillé à la mine de Moliere. "Tiens donc !! Vous connaissiez peut-être mon père ?" Lui ai je demandé. A quoi il répondit indigné "ms j'étais ds les bureaux, je ne fréquentais pas les ouvriers !!" Mon père ex étudiant en droit, devenue ensuite reporter à L'EST n'était donc pas fréquentable comme mineur
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