Poème Frederi?
Il faut peut-être avoir vu beaucoup d’hommes, de choses, connaître les plantes et les bêtes surtout, comment parlent les oiseaux, la force qui fait s’ouvrir les fleurs au matin, pouvoir se remémorer la joie de rencontres, les adieux prévus et déchirants, les journées d’enfance, les parents qui vous ont blessés, les matinées au bord de la mer, avoir en mémoire la montagne cévenole, les exils qui vous emportent vers la détresse ou l'horreur (ou le bonheur parfois) .. et ce n’est pas assez. Il faut se souvenir de si nombreux amours perdus dont aucun ne ressemble à l'autre, se rappeler les cris des femmes en train d’accoucher, les nôtres…. avoir été au côté des mourants, au chevet d’une agonisante désespérée cherchant de l'air …. Avoir fui ensuite, avoir voulu tuer son assassin.. avoir cédé à la résignation, trahi la justice et la retrouver..
Et ce n'est assez. Ces souvenirs, iI faut surtout les oublier et attendre qu’ils reviennent. Ils ne sont pas tout, mais vent d'automne qui amène la pluie nourricière et noyant aussi... il faut qu’ils se confondent avec notre souffle, notre sang, notre regard, qu’ils soient nous-mêmes enfin et envol vers le tout.
Mais il se peut alors qu'on doive traverser la colère, que la rupture inéluctable et bienfaisante nous fracasse, le chagrin nous envahisse et nous noie, mais que, seul libérateurs, un poème, un livre enfin surgissent... envolée qui guérisse.
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