Les oiseaux, la Shoah
Helene Larrivé
À
Mairie d'Anduze, tous services confondus
17 juillet 2024
Depuis le spectacle "pyrotechnique " que vous avez commandité pour nous (1) sans que nous n'en sachions rien, le 14, malgré l'extrême chaleur et les réserves émises partout vis à vis de telles "performances", il n'y a plus d'oiseaux chez moi, mon jardin étant le plus proche du "pas de tir" (je ne vois pas d'autres mots) des fusées éclairantes (je ne vois pas non plus d'autre mot)... il n'y a plus d'oiseaux chez moi ni alentours... ces oiseaux que j'appelle intérieurement "miens", en nombre très important, une colonie, qui pépiaient gaiement dès l'aurore et égayaient tout le quartier... la plupart, surtout les jeunes nichant encore, désorientés par le vacarme inouï, (les chiens aussi étaient terrorisés), les fumées colorées, les hurlements... la plupart des jeunes donc, incapables de se nourrir hors zone native connue, ont péri .. infinie tristesse, ces oiseaux qui me réveillaient le matin, joyeux, si habitués qu'il leur arrivait de se poser sur mon bureau. Combien me manquent-ils.
Et ce saccage pour un spectacle indigne ou plutôt digne de la cruauté des imperators romains, panem et circenses (2) et le peuple filera doux. Les pauvres rescapés de ce massacre sont si désorientés qu'ils se précipitent sur les pare-brises des voitures et sont écrasés..
(1) dont nous ignorons le coût.
(2) "du pain et des jeux" (du cirque, sanglants) et le peuple se tiendra tranquille. Ici ce ne sont que des jeux
Hélène Larrivé
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